Les pesticides au chevet de la préservation des denrées
Sujet d’actualité, Francis Fleurat-Lessard de l’INRA a fait un parallèle entre la pénurie alimentaire mondiale et l’utilisation des pesticides. La population mondiale atteindra 7 milliards d’individus en 2010. La production globale de blé, maïs et soja, à la base de l’alimentation et du commerce mondial, suit la consommation avec quelques périodes de déficit (vers 1990). Les réserves de fin de campagne sont en régression constante depuis les années 2000, ce qui dénote une tension des flux commerciaux propice à des fluctuations importantes du prix de mise sur le marché. Les pays émergents ont réalisés des gains de productivité importants sur les productions agricoles, depuis leur accès plus facile aux produits de protection des cultures et des récoltes (Inde, Chine, Brésil, Argentine). En effet, le marché mondial des pesticides représente plus de 33 milliards de $. L’Europe est l’utilisateur le plus important. Les herbicides représentent près de 50 % de l’ensemble des pesticides, les insecticides moins de 25 %, à égalité avec les fongicides. Depuis 2006, la France 3ème pays utilisateur de pesticides après les Etats-Unis et le Japon est maintenant devancée par le Brésil.
Les bénéfices sur la santé humaine et animale
- Prévention des maladies humaines et animales. L’OMS a estimé à 7 millions de personnes sauvées de la mort par la lutte contre les insectes vecteurs de maladies mortelles (paludisme, maladie du sommeil, typhus) avec les insecticides OC et des OP.
- Lutte efficace contre les rongeurs et les puces vectrices de la peste bubonique
- Lutte contre les acariens de l’habitat domestique causant des allergies ou des asthmes chez les personnes sensibles
- Destruction des arthropodes hématophages de l’environnement domestique
- Protection des personnes ayant déjà fait un choc anaphylactique contre les piqûres d’insectes
- Lutte contre les insectes parasites des animaux d’élevage et potentiellement vecteurs de maladies contagieuses (tiques, puces…)
- Lutte contre les organismes ectoparasites des animaux d’élevage dans les zones de pâture
- Destruction des parasites des volailles qui altèrent la santé des animaux en croissance, reproducteurs ou en production d’oeufs (acariens gamasidés et ixodidés, poux …).
La protection de l’environnement
- Limitation du développement et de la multiplication d’organismes indésirables ou nuisibles (désherbage des abords de voie routière, destruction des ronces, d’espèces invasives des parcs et jardins nuisibles à la qualité de l’environnement
- Assainissement des réserves d’eau stagnante (étangs, mares, autres plans d’eau dormante) par destruction des algues
- Lutte contre les ravageurs des matériaux de construction (termites, ténébrions des poulaillers, mérule…)
- Lutte contre les organismes indésirables du logis ou des magasins (blattes, mites alimentaires, mouches…)
- Prévention du développement d’organismes toxiques (champignons mycotoxinogènes, plantes à graines toxiques…)
L’utilisation de pesticides en protection des denrées alimentaires
Pour ce qui concerne les denrées alimentaires, mal utilisés, les pesticides provoquent des effets indésirables et négatifs. Sur la santé humaine, animale et dans l’alimentation, les résidus de pesticides peuvent être la cause de certains cancers, de troubles de la reproduction chez l’homme ou l’animal, de troubles neurologiques, de perturbations endocriniennes… Ils peuvent également avoir de graves conséquences pour les espèces situées en fin de chaîne trophique (rapaces, phoques, cachalots, grands carnassiers) et pour certaines catégories de consommateurs végétariens et végétaliens. Les résidus de pesticides répandus en milieu naturel présentent des risques d’intoxication directe pour les animaux domestiques (rodonticides), la faune sauvage et la faune du sol : accélération de la disparition des milieux naturels favorables au maintien de la biodiversité ; Perturbation du comportement de certains arthropodes utiles (abeilles, insectes pollinisateurs, gastéropodes…) ; modification des équilibres trophiques dans les chaînes alimentaires et des équilibres entre sexes de certaines espèces de la faune sauvage (poissons, batraciens…) ; Disparition de nombreuses espèces végétales (herbicides) ; Contamination des eaux souterraines au niveau des zones de captage d’eau potable…
Pour une approche raisonnées
Pour conclure, la protection antiparasitaire intégrée des denrées et des locaux doit s’appuyer sur une approche préventive et anticipative. Et, le rôle des entreprises 3D (sanitation, surveillance, désinsectisation…) devient plus complet avec pour conséquence des bénéfices économiques apportés grâce à la protection des cultures et des récoltes avec les pesticides (rendements des productions agricoles de grande culture), amélioration de l’aspect et de la qualité des produits, conservation et prévention des pertes après récolte, élimination de sources de contamination des denrées brutes ou transformées dans les entrepôts, usines et magasins de stockage de la chaîne alimentaire post-récolte…
Pour en savoir plus
Francis Fleurat-Lessard, www.inra.fr