Les insectes face au réchauffement climatique
Le climat se réchauffe. Les relevés de Météo France www.meteo.fr montrent depuis un siècle que les hivers sont plus chauds dans la moitié Nord Ouest de la France. Les mêmes relevés indiquent que les étés sont plus chauds dans la moitié Sud de la France. Le réchauffement hivernal (0,7° à 1,7° en un siècle) est cependant plus marqué que le réchauffement estival (-0,1 à 1,3°C).Au-delà de ce réchauffement climatique qui favorise, plus ou moins, le développement des insectes, l’augmentation du transport des personnes, des matières premières et des marchandises d’un bout à l’autre du monde favorisent également l’arrivée d’autres espèces animales dans nos pays et leur naturalisation.
A titre d’exemples, la Chrysomèle du maïs est apparue pour la première fois autour de l’aéroport de Belgrade lors de la guerre des Balkans. Les navires de transport marchand, lorsqu’ils voyagent à vide, emplissent d’eau des ballasts pour compenser l’assiette du bateau. Les tonnes d’eau ainsi embarquées peuvent contenir toutes sortes d’organismes, comme des larves de la moule zébrée de la mer Caspienne. Ces dernières re-larguées dans l’eau douce des Grands Lacs américains ont formé des colonies très prospères qui se fixent sur tous les supports et éliminent progressivement les moules d’eau douce indigènes. Le termite de Saintonge importé par bateau d’Amérique Centrale à la Rochelle au 18ème ou au 19ème siècle, cantonné initialement dans cette ville, s’est ensuite propagé dans le centre de la France et jusqu’à Paris via le développement des voies ferrées. Le longicorne asiatique est arrivé en France dans des Bonsaï destinés à la grande distribution.
Pour conclure, le réchauffement du climat est une réalité, mais il commence à peine et ses effets sont encore peu perceptibles.
Si l’arrivée spontanée d’espèces méridionales en France est encore limitée, on risque néanmoins d’observer la disparition d’ espèces indigènes mal adaptées à un changement d’environnement.
L’augmentation des échanges risque également de multiplier les importations d’espèces indésirables, dont certaines pourraient profiter des modifications climatiques pour s’implanter durablement sous nos latitudes.
Source :  Extrait de l’intervention de Pierre Zagatti, INRA www.inra.fr, Unité PISC, VersaillesInstitut Français de la Biodiversité, www.gis-ifb.org Paris, à l’occasion des Journées techniques de la Chambre Syndicale 3D à Vichy (2007).
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